CR rédigé par un collègue :) très long par contre mais tellement bien rédigé :)
Le départ était prévu samedi à 4 heures du matin. Il a donc lieu à 5heures, jusqu'ici, normal... Quatre brigadistes sont du voyage : Alex, Matt, David et votre serviteur.
Le trajet aller est calme. L'essentiel des troupes roupille dans la wingo d'Alex qui chemine tout tranquillement vers la Provence, histoire d'économiser l'essence. Seul incident du voyage : aux alentours de Toulouse, un piaf que la vie devait rendre las tente une attaque kamikaze sur la voiture, mais se loupe et percute notre aile gauche avec la sienne. La bagnole n'a rien, l'oiseau c'est moins sûr, mais nous décidons après courte réflexion de ne pas nous arrêter en plein milieu de l'autoroute pour prendre de ses nouvelles...
Après quelques pauses sanitaires ici ou là, nous arrivons à Toulon en tout début d'après-midi. Le cadre est très beau, avec la montagne, la mer, et le soleil. Un casse-dalle se faisait plus que nécessaire, les biscuits de sous-marque achetés pour 453 ¤ 70 sur une aire d'autoroute s'étant révélés inaptes à combler les trous béants qui faisaient office d'estomac. Nous nous trouvons donc un établissement de restauration rapide dans une zone industrialo-commerciale de proximité autoroutière. Près de l'entrée de l'auberge, nous apprenons à notre grand soulagement que notre choix a été le bon : le lieu que nous honorons de notre présence s'avère avoir été classé dans les 5 meilleurs Quicks de France lors des années 1994, 1995, 1996, 1998 et 2000. Même mieux, il a été choisi – sans doutes par un jury de fin gourmets composé des meilleurs palais du pays – pour obtenir le fameux titre de « Meilleur Quick de France 2004 ». Impressionnés par ces états de service, nous commandons. Matt fera une vile tentative d'arnaque à base de tickets restaurants périmés, mais le Toulonnais (en l'occurrence, la Toulonnaise) est par nature rusé et chafouin, et ça ne prend pas.
Une fois la graille terminée, nous allons nous fournir en munitions dans un Carouf' tout près de là. Achat de la presse locale, où il nous est confirmé que, Ô Grâce Divine, Darchy est dans le groupe, et que les Toulonnais se préparent à un match offensif. Ca promet.
Nous décidons ensuite collégialement qu'avant le réconfort, il faut bien un peu d'effort, et qu'il serait donc raisonnable de faire celui de chercher l'hôtel pour y laisser nos affaires avant d'aller faire les alcoolos. C'est l'affaire normalement de quelques minutes, nous voilà partis.
Première chose, nous repérons le stade. Jusque là tout va bien. Alex tente ensuite de suivre le plan qu'il avait imprimé avec amour pour aller à l'hôtel. Dans la théorie, ça semble simple (mais sur une carte, tout semble toujours simple...) Dans la pratique, nous tournons en rond, ce qui nous permet de découvrir les attraits touristiques des quartiers populaires de la Seyne-sur-Mer. Un quart d'heure, ça va. Une heure, bonjour les dégâts. Finalement, décision est enfin prise de demander à une autochtone d'un certain âge, qui nous indique fort bien qu'il faut tourner après la piscine. Dans le doute (passer l'après-midi à trouver la piscine est une perspective qui ne nous enchante guère), nous décidons d'aller demander conseils à des gens dont on sait qu'on peut avoir une confiance aveugle et absolue en eux : les forces de maintien de la paix. Nous entrons donc dans un commissariat de police, et demandons à un officier de police judiciaire s'il veut bien nous indiquer le chemin pour le Formule 1 de la Seyne. Très aimable, il nous indique sur un plan que c'est tout droit puis à droite
Suivant ses indications, nous prenons tout droit puis à droite. Nous arrivons enfin (non sans nous être gourés une dernière fois, pour la forme). On aura mis au total deux heures.
Là, nous apprenons sans grande surprise, que les chambres sont limitées à trois personnes, mais « qu'à cela ne tienne, nous grugerons » se disent les apprentis délinquants que nous sommes. De fait il n'y a personne à gruger : les établissement Formule 1 croient en la technologie, tout est informatisé. Pour le coup ça nous arrange.
Puis nous rejoignons enfin le stade, nous garons à proximité, et prenons sur un parking non loin de là un apéro bien mérité, histoire de se mettre en condition pour le match. Nous y resterons une heure ou deux, de quoi vider pas mal de canettes et discuter gentiment de plein de choses (les tribunes toulonnaise, l'équipe de France, l'AS Moulinoise, les fêtes de Bayonne, etc.). Vers 18h30, nous décollons pour aller à la bagnole prendre les drapeaux et la bâche, puis filer vers le stade.
A peine avons-nous fait 15 mètres qu'une voix pleine de haine et de ranc½ur nous parvient : « Et on fait comment pour se garer ?! ». Nous nous retournons pour constater qu'une automobiliste aux yeux injectés de sang et au visage bilieux, qui était en quête d'un endroit où se garer, se trouve incommodée par la présence de cadavres de bouteilles de bière pile au milieu d'une place libre. Effectivement, c'est de notre faute. Une demie seconde nous traverse l'esprit l'idée de lui répondre « Et ben tu les enlève, connasse », tant est désagréable la mégère varoise... Mais nous nous ravisons parce que, d'une part nous sommes des garçons gentils et bien élevés, d'autre part nous sommes quand même bien en tort dans l'histoire. Avec un grand sourire et des paroles d'une grande diplomatie, nous rebroussons chemin pour lui dégager sa putain de place de parking. A proximité de la connasse, un pépé hilare tente de la calmer et nous dit au passage « C'est bien les jeunes ». Comme quoi il est encore des gens dans ce monde qui savent se comporter en civilisés.
Nous arrivons enfin au stade. Là l'accueil est parfait : nos invites (oui parce qu'on ne va pas payer quand même...) nous sont fournies. Nous seront en tribune d'honneur, ce qui est très bien, parce qu'à Toulon, le parcage visiteur classique est un terrain de pétanque derrière le but, où tu ne vois rien du match (et où en plus j'imagine même pas la galère pour bâcher...). Nous discutons pas mal de temps avec des toulonnais préalablement contactés sur Internet par Alex. Très sympas.
Nous entrons enfin en tribune. L'endroit est parfait : le bas de la tribune n'a pas de sièges, nous sommes à proximité d'un des buts, avec une bonne vue sur le terrain et sur les blocs toulonnais (nous sommes juste en face des IRD). Nous bâchons (nous devrons nous y prendre à deux fois, la sécu jugeant la bâche trop haute, faudra qu'ils expliquent un jour en quoi elle gênait... Mais pour leur défense ils nous aideront à bâcher de l'autre côté du grillage, où elle est plus visible). Un petit (mais alors tout petit) chant pendant l'échauffement, un tendu d'écharpes (ça nous fait marrer un tendu de trois écharpes, dont une bastiaise...) lors de l'entrée des joueurs, et c'est parti...
Force est de constater que notre performance vocale est tout sauf impressionnante : au maximum, nous avons dû entonner 7 chants, profitant des quelques blancs, en les tenants de quelques secondes à peut-être une minute... Mais la performance des toulonnais est tellement impressionnante qu'il est difficile de se motiver pour chanter à 4... A noter quand même de bonnes poussées après les buts, mais c'est vraiment histoire de se rassurer, car personne n'a dû les entendre.
Car côté IRD c'est un truc de dingue : Des frissons sur « Tuez-les » et « Ici c'est Toulon ». Des chants parfaitement exécutés, tenus de très longues minutes sans faiblir, des gestuelles quasi-parfaites, un capo magistral, une mentalité énorme (un « Les gars on vous lâchera pas » qui prend vraiment aux tripes, alors que leur équipe perd 2-0 et qu'on est dans les arrêts de jeu)... Rien à dire on est sur une autre planète... Le National mérite pas ces mecs, et ces mecs méritent mieux que le National. Si un jour on arrive à la moitié de ça, je pourrais m'estimer plus qu'heureux. Côté FT pas trop entendu : ils étaient loin, moins nombreux, et on était obnubilé par ce qu'on avait en face.
Une anecdote amusante : à la fin de la mi-temps, Lévy vient nous voir... oui, oui...
« Vous avez fait le déplacement ? ». Silence interloqué dans nos rangs... Que répondre à part « Non non, on est encore à Pau » ? Nous préférons ne rien dire... « En tout cas c'est gentil d'être venu »... Merci Marco, on n'attendait que ça.
Trêve de plaisanterie : fin du match, les joueurs viennent nous voir, quasiment tous. Faget ramasse un drapeau à nous tombé sur la pelouse (faut bien qu'Arnaud soit utile à quelque chose...). Une courte discussion avec nos amis toulonnais d'avant la rencontre, qui nous félicitent pour ce très beau match (c'est vrai qu'il était beau...), et on va attendre quelque joueurs à la sortie des vestiaires. Gignac et Costa nous remercient une deuxième fois et nous souhaitent bonne route pour le retour, un toulonnais visiblement à la fois très nerveux et très imbibé se fait maîtriser par la sécu alors qu'il voulait aller donner son point de vue au président et/ou à l'entraîneur, et nous sortons.
Voiture, kebab histoire de se caler, hôtel... Là le portail automatique qui donne accès au parking, et qui fait sans doute partie du complot mondial anti-béarnais refuse notre code : pour poser la bagnole, Alex devra attendre qu'une autre voiture rentre, et se retrouvera enfermé dans le parking, contraint d'attendre encore une fois qu'un client arrive pour pouvoir en sortir...
Dans la chambre, tous crevés, nous nous posons devant Jour de Foot et Jour de Rugby. Mauvaise nouvelle de la soirée : la Section a gagné. On peut pas tout avoir... Dodo.
Le lendemain, réveil assez tôt (merci le changement d'heure...), puis séance touriste pour aller faire une photo avec la bâche devant la rade. Quelques ricochet sur la mer histoire de se dire qu'on a profité de la Méditerranée, passage dans le Quick de prestige de la veille, et retour sur Pau, avec arrivée sur le coup de 19h...
Au final, dep' bien sympa dans une région où il fait beau et où les ultras ont la classe, tout ça avec une victoire à la clé... Qu'est ce qu'on peut demander de mieux ? De le faire à 50. Mais on y est pas encore...
Ròman